mercredi, octobre 23, 2002

Salut lecteur errant...

Aujourd'hui, un peu de fiction... De mythe, même ! Voici un petit texte que j'ai rédigé à la façon d'un mythe, et dont le titre est "La Naissance des Sentiments". Bonne lecture !

"A l'aube de son existence, l'Humanité vivait pacifique et sans aucun souci sur les vastes étendues de la terre. Ces hommes et ces femmes vivaient d'air pur et d'eau fraîche, et leurs esprits n'étaient habités que de pensées simples et nettes, dénuées de passion. Jamais aucune guerre n'avait éclaté, jamais aucun être humain n'avait volontairement porté la main sur l'un de ses semblables. Ils ignoraient la passion et le ressentiment, n'avaient aucun tabou et comme ils n'éprouvaient pas le besoin de posséder les choses qui les entouraient, leur esprit était vierge de tout désir.

Les Hommes venaient au monde en sortant du ventre d'une femme, et leur temps terrestre accomplit, ils mourraient et leurs restes retournaient naturellement à la terre nourricière.

En parfaite harmonie avec les mortels vivaient des êtres immortels, les dieux. D'un accord tacite, ces derniers avaient appris aux Hommes comment survivre et comment perpétuer leur race, et, en échange, les Hommes rendaient grâce au dieux en les adorant.

Or voilà qu'une immortelle, Lempiä, dont le cœur était bon, désira faire connaître à l'Homme une chose dont il ignorait l'existence : le bonheur. Lempiä, attentionnée et patiente, apprit aux Hommes à aimer. Les hommes et les femmes, instruits par Lempiä, cessèrent d'être indifférents les uns pour les autres, et connurent un bonheur partagé. Alors que l'Humanité profitait pleinement de son nouveau don divin, sans aucune ombre à l'horizon, se produisit une chose que Lempiä n'avait pas imaginé.

Ouvrant leur cœur les uns aux autres, en amour comme en amitié, les Hommes s'entraidèrent et rendirent grâce à leurs semblables. Peu à peu, l'enthousiasme dont naguère ils faisaient preuve pour honorer les dieux diminua petit à petit, comme les hommes se suffisaient de plus en plus à eux-mêmes.

Lempiä, déchirée entre son amour pour l'Humanité et la tristesse qu'elle éprouvait, comme tous les dieux, de voir les hommes l'oublier petit à petit, ne fit rien pour contrer le sort. Mais il n'en fut pas de même pour tous les immortels, et beaucoup d'entre eux réclamèrent de Lempiä qu'elle retire ce qu'elle avait généreusement offert aux Hommes.

Or, comme celle-ci expliqua qu'il était déjà trop tard, et que jamais l'Humanité n'oublierait l'amour à moins de disparaître complètement, les dieux, furieux, cherchèrent à faire payer aux Hommes leur tribut.

Comme ils ne pouvaient purement et simplement éliminer l'Humanité, sous peine de ne jamais plus pouvoir toucher leur tribut, les dieux durent se résoudre à la laisser perdurer. Mais blessés dans leur amour-propre, certains d'entre eux imaginèrent des plans cruels en guise de vengeance.

Ainsi, l'immortel Viha, que la situation avait rendu vil et pernicieux, alla trouver les Hommes et leur appris à posséder les choses qui les entouraient. Les Hommes, innocents, ignoraient alors les dangers de l'enseignement divin, et ils écoutèrent de bon cœur les paroles de Viha.

Les hommes et les femmes qui avaient vécu amoureux mais libres éprouvèrent pour la première fois le désir de s'accaparer le corps de l'autre. Pour la première fois, l'Homme éprouva de la jalousie. Et alors qu'il sentait ce désir nouveau envahir son esprit, les premières bagarres apparurent sur terre.

Quand l'Homme se rendit compte que ce qu'il possédait ne lui suffisait plus, il en vint à désirer le bien d'autrui. Comme il ne pouvait l'avoir, il en conçut de la déception, puis de la rancœur, et enfin en éprouva de la haine. Les plus intelligents d'entre les Hommes apprirent d'eux-mêmes à tromper, mentir et comploter pour arriver à leurs fins. Les bagarres se transformèrent en effusions de sang, les effusions de sang en meurtres, les meurtres en guerres.

Alors, une fois de plus sans que les dieux ne l'aient prévu, les Hommes divisés et égoïstes se tournèrent à nouveau vers eux. Mais les immortels avaient quitté les chemins de cette terre depuis longtemps. Effrayés par le fruit gâté de leur vengeance aveugle, ceux-ci s'étaient réfugiés dans les hauteurs du cosmos, et désormais beaucoup d'entre eux n'apparurent plus jamais aux Hommes."

Note : Lempiä et Viha en Finlandais signifient respectivement Amour et Haine.



Voilà, j'espère que ce petit interlude plus détendu t'a plu. Comme d'habitude n'hésite pas à me laisser tes impressions !

mardi, octobre 22, 2002

Salut à toi...

Encore une réflexion personnelle aujourd'hui : d'où nous vient cette conception culturelle aussi rigide des relations humaines ?

Par exemple, qui est-ce qui a un jour défini qu'il existait deux catégories bien distinctes de relations entre deux personnes proches (en particulier deux personnes de sexes opposés) ? L'amour et l'amitié, deux choses tellement proches en réalité... mais qui culturellement doivent être considérées tellement différemment. Tu connais déjà mon avis sur les rapports ambigus entre Amitié et Amour (voir deux posts plus bas, ou en résumé : une amitié profonde entre un homme et une femme peut tendre à être un amour guidé par la raison plutôt que par la passion). Il semble que le cadre culturel "normal" dans lequel nous, occidentaux, devrions tous rentrer est : "Un seul amour à la fois, autant d'amitiés que la vie nous le permet"... Mais pourquoi cette conception de l'amour unique ? "Un amour pour les gouverner tous, un amour pour les trouver, un amour pour les..." Pardon, je m'égare ;). Je reviendrai sur cette question à la fin de ce post.

L'une des principales réponses qu'apporte la philosophie à la question : "Qu'est-ce qui distingue l'amour de l'amitié ?" est la suivante : « L'amitié s'oppose à l'amour par l'absence de caractère sexuel. » * (Lalande, Vocabulaire de philosophie). Mais comment considérer le cas où une amitié va de pair avec un désir sexuel ? Comme un amour ? C'est là, je pense, que notre bagage culturel manque de moyens pour décrire une telle situation, qui n'est de l'amour, ni de l'amitié.

La question que je pose est donc : "Pourquoi n'existerait-il pas une forme de relation qui sorte de ces cadres bien propres, bien nets, que sont l'amour et l'amitié, et se situe à mi-chemin entre ces deux sentiments définis ?"

Tout d'abord, on pourrait tenter de donner un nom à ce sentiment particulier. Amour rationnel, Désir amical, Amitié à caractère sexuel ? La difficulté naturelle qu'on rencontre lorsque l'on cherche à lui donner un nom convainquant illustre bien un des caractères inhérents à ce sentiment : son "flou". Et c'est peut-être ça qui constitue le plus grand danger de cette relation par rapport aux relations "institutionnelles" : elle est extrêmement nuancée, floue, et repose sur un équilibre que tout un chacun n'est pas à même de gérer correctement.

Les risques en cas de "chute" sont logiques mais peuvent effrayer quiconque ne se sent pas l'audace de sauter le pas : tomber purement et simplement amoureux de l'autre, ou lui devenir trop familier, ce qui peut nuire au caractère "rationnel" que l'on recherche habituellement dans l'amitié. Ce n'est donc pas un exercice évident, et ce n'est certainement pas la voie de la facilité.

De plus, ce genre de relation nécessite des conditions prérequises fortes : une absence totale de jalousie et de possessivité, et un tempérament suffisamment rationnel pour pouvoir gérer les échanges sans qu'une passion souvent indésirée et malvenue ne naisse.

Pourtant, ce sentiment si ambigu n'aurait pas lieu d'être s'il ne répondait pas à une réalité. On ne peut pas non plus le considérer comme une pure vue de l'esprit, comme une idée artificielle. Prouver le contraire est très simple : il suffit purement et simplement de le vivre, ou de connaitre quelqu'un qui le vit ou l'a vécu, pour en être convaincu. C'est un sentiment naturel et tout aussi "normal" que l'amour ou l'amitié, bien que moins bien défini car de conception moins répandue que ces derniers (mais pas inexistante).

Dans ce cas, qu'est-ce qui empêcherait deux personnes consentantes de partager un tel type de sentiment ? J'ai déjà évoqué la peur du risque, mais ça ne suffit pas à tout expliquer (si tant est que ce soit possible). Comme je l'avais introduit plus haut, un autre paramètre culturel entre en jeu lorsqu'un amour extérieur à la relation naît dans le coeur d'un des deux partenaires. C'est là en effet que s'entrechoquent deux caractères opposés dans nos conceptions occidentales traditionnelles de l'amour et de l'amitié, et qui sont terriblement inhérents à ces deux sentiments : le caractère exclusif de l'amour contre le caractère pluriel de l'amitié.

Notre culture occidentale fortement teintée de christianisme nous a en effet inculqué l'idée de l'Amour Unique. Traditionnellement, on aime d'amour qu'une seule personne à la fois. Pourtant, est-ce une loi naturelle ou morale ? Morale bien sûr, chrétienne également. Un minimum de remise en question permet de se rendre compte que ce n'est pas une morale universelle ou naturelle qui dicte cette "loi". Les exemples de cultures polygames ou pratiquant une forme quelconque de cohabitation entre plusieurs personnes de sexes opposés sont facilement trouvables.

Si l'Amour Unique n'est en définitive qu'une tradition culturelle, pourquoi est-ce que cela parait aussi inconcevable d'entretenir des relations amoureuses avec plusieurs personnes ? Bien que la progressive levée des tabous et du poids des "bonnes manières" qui s'opère petit à petit dans notre vieille société chrétienne conservatrice laisse de plus en plus de champ libre aux relations "hors-cadre", on ne tire pas si facilement un trait sur les scrupules qu'éprouve notre conscience de par l'héritage culturel que nous assumons.

En conclusion, je dirais que cet Amour rationnel n'est pas comme on pourrait le penser une solution de facilité, évitant l'amour, mais recevant plus que l'amitié, mais au contraire une aventure non dénuée de risques où le bonheur peut-être atteint au prix d'un contrôle de soi et d'un respect de l'autre sans faille. En pratique, il s'avère donc peu aisé, mais... possible. Et réaliste.

(Note : il existe une conception d'une relation qui peut se rapprocher de ce que j'ai tenté de définir ci-dessus, mais qui n'est aucun cas synonyme : des fuckfriends. Toutefois, si le désir sexuel est une partie importante de l'amour rationnel, il n'exclut absolument pas la présence de sentiments envers le partenaire, et bien sûr je n'entends pas donner une connotation péjorative à cette relation.)

(* : à lire, "Cours sur le thème de l'amitié")



Comme toujours vos réactions sont les bienvenues. Merci de m'avoir lu, et... à bientôt j'espère :).

mardi, octobre 15, 2002

Salut à toi... Aujourd'hui, pas de grandes idées ni de grands discours, mais juste une chanson Ô combien superbe, d'un groupe de musiciens que j'apprécie énormément, j'ai nommé : Dream Theater. Si tu ne connais pas, tu manques un des plus grands groupes de progressive metal qui ait jamais existé. La chanson en question est le morceau qui cloture leur album "Awake", probablement l'un des moins accessibles mais des plus beaux qu'ils aient écrit. Elle s'appelle "Space-Dye Vest".

Place aux artistes :

Falling through pages of Martens on angels
feeling my heart pull west
I saw the future dressed as a stranger
love in a space dye vest

Love is an act of blood and I'm bleeding
a pool in the shape of a heart
Beauty projection in the reflection
always the worst way to start

Now that you're gone I'm trying to take it
learning to swallow the rage
Found a new girl I think we can make it
as long as she stays on the page

This is not how I want it to end
and I'll never be open again
There's no one to take my blame
if they wanted to
Nothing to keep me sane
and its all the same to you
There's nowhere to set my aim
so I'm everywhere
Never come near me again
do you really think I need you

And I'll smile and I'll learn to pretend
And I'll never be open again
And I'll have no more dreams to defend
And I'll never be open again

Traduction personnelle :

Tombant au travers des pages de Martens sur les anges
Sentant mon coeur passer l'arme à gauche
J'ai vu le futur vêtu comme un étranger
L'amour dans une space dye vest

L'amour est un acte de sang, et je saigne
Une mare de la forme d'un coeur
Projection de la beauté dans le reflet
Toujours la pire façon de commencer

Maintenant que tu es partie j'essaie de le prendre
Apprenant à ravaler ma rage
J'ai trouvé une nouvelle fille, je pense qu'on peut le faire
Aussi longtemps qu'elle reste sur la page

Ce n'est pas comme ca que je veux que ça finisse
Et je ne serai plus jamais ouvert
Il n'y a personne pour prendre ma responsabilité
S'ils le voulaient
Rien pour me garder sain d'esprit
And c'est la même chose pour toi
Il n'y nulle part où diriger ma cible [accomplir mon but]
Alors je suis partout
Ne viens plus jamais près de moi
Tu penses vraiment que j'ai besoin de toi ?

Et je sourirai et j'apprendrai à faire semblant
Et je ne serai plus jamais ouvert
Je n'aurai plus de rêve à défendre
Et je ne serai plus jamais ouvert

Pour écouter la chanson, à présent : Dream Theater - Space Dye Vest

Enfin, pour mieux comprendre les paroles, voici un commentaire de l'auteur, à savoir l'ex-claviériste (keyboards) de Dream Theater, Kevin Moore :

"It was inspired by... I was looking through a clothing catalog and saw a picture of a girl modeling this piece of clothing called a space-dye vest. And, so, I fell in love with her [laughs] for some strange reason & so the minute I did that, the minute I was just like obsessed with this person, I was like, 'why am I doing that?' & I noticed that I was doing it a lot lately. And I think the prime reason that I was doing that, and this is what I figured out at the time, was that I had just come out of a relationship where I'd gotten dumped, basically, and so I think the situation was that I wasn't finished giving all that I was ready to give, so I was just, like, throwing it around, you know, just aiming it in different directions. It was a total case of projection. And this song is just trying to sort it out & just kind of admitting that I'm just kind of lost. So it's kind of a dark song. It was very cathartic though."

Et la traduction perso : "J'ai été inspiré par... je feuilletais un catalogue de vêtements et j'ai vu une photo d'une fille portant ce vêtement appelé "space-dye vest". Et alors, je suis tombé amoureux d'elle [rires] pour quelqu'étrange raison, et la minute où j'ai fais ça, la minute où j'étais juste obsédé par cette personne, je me disais "pourquoi est-ce que je fais ca ?", et j'ai remarqué que je le faisais beaucoup récemment. Et je pense que la raison première pour laquelle je faisais ça, et c'est ce que je me suis dit à l'époque, c'est que je venais juste de sortir d'une relation qui m'avait vidé, fondamentalement, et je pense que la situation était que je n'avais pas fini de donner tout ce que j'étais prêt à donner, donc je le jetais un peu au dehors, vous savez, en visant plusieurs directions. C'était totalement un cas de projection. Et cette chanson essaie juste de trier tout ça en quelque sorte et d'admettre que je suis plus ou moins perdu. Donc c'est plutôt une chanson sombre. Ca a été très thérapeutique toutefois.

Voilà... bonne écoute, bonne lecture, et bonne réflexion (aujourd'hui, c'est toi qui la fais, tout est livré pour penser).

lundi, octobre 14, 2002

Salut. Voici ce que j'ai envie de te (oui je sais, ça oscille entre "vous" et "tu", les habitudes sont tenaces) faire partager aujourd'hui... Commençons par quelques citations en guise d'introduction.

:: "L'amitié est une religion sans Dieu ni jugement dernier. Sans diable non plus. Une religion qui n'est pas étrangère à l'amour. Mais un amour où la guerre et la haine sont proscrites, où le silence est possible" (Tahar Ben Jelloun)

:: "Respecter une femme, c'est pouvoir envisager l'amitié avec elle ; ce qui n'exclut pas le jeu de la séduction, et même, dans certains cas, le désir et l'amour" (Tahar Ben Jelloun)

:: "Avec une femme, l'amitié ne peut être que le clair de lune de l'amour" (Jules Renard)

De belles citations à mon avis. Je suis en partie d'accord : l'esprit humain est à mon sens bien trop compliqué pour n'éprouver que des sentiments "purs". C'est-à-dire ? Partager une amitié profonde avec quelqu'un du sexe opposé implique souvent des sentiments plus complexes que "l'amitié propre et nette", confinée dans son cadre purement raisonnable. En réalité, les définitions d'amitié et d'amour sont proches, très proches... avec une nuance passionnelle, toutefois. Partager de l'amour ou de l'amitié avec quelqu'un, n'est-ce pas pareillement vouloir le bien de cette personne de façon désintéressée et sincère ? Je n'exclus pas le fait que deux personnes de sexes opposés puissent être "amis" sans éprouver de désir l'un pour l'autre (évitons les généralisations abusives). Mais dans la majorité des cas, qu'on se l'avoue ou pas, c'est manifestement le cas.

:: "Il est important d'avoir un certain degré de désir sexuel, une euphorie, dans l'amour romantique comme dans ses amitiés" (Sharon Stone)

L'amitié, je pense, contrairement à l'amour, peut souvent conduire à des relations ambigües. Car si tout comme en amour, le pardon et la confiance sont deux éléments indispensables à une relation durable, une amitié forte, au bord de l'amour, laissera souvent un "goût de trop peu", un sentiment d'inachèvement. D'un autre côté, une amitié, par son caractère moins passionnel qu'une relation amoureuse peut parfois constituer un soutien plus solide et plus durable. L'amitié, entre un homme et une femme, n'est-elle pas l'amour guidé par la raison, et non plus par la passion ?

:: "L'amitié extrême et délicate est souvent blessée du repli d'une rose" (Chamfort)

:: "Amitié : mariage de deux êtres qui ne peuvent pas coucher ensemble" (Jules Renard)

Je laisserai ces dernières citations en guise de conclusion. N'hésite pas à me laisser un commentaire sur le nouveau système de commentaires (voir ci-dessous).

A bientôt.

dimanche, octobre 13, 2002

Encore une petite réflexion que je voulais vous faire partager ce soir. Cela provient d'un petit débat sur les Américains que j'ai tenu sur un forum tout à l'heure... Voici une reproduction de ce que j'y ai posté :

"Allez hop mon grain de sel dans ce débat bien passionné : la société américaine met-elle l'accent sur la richesse personnelle ? Oui c'est clair. Est-ce que devenir célèbre est le rêve de beaucoup d'américains ? Très certainement. Est-ce que tous les américains sont nombrillistes et à peu près incultes ? Heureusement, pas tous ! Mais quand on considère l'opinion américaine dans son intégralité, c'est souvent l'impression qui ressort de l'extérieur... et quand on obtient des chiffres précis, ca s'avère être tout à fait justifié (voir les liens ci-dessous) .

On a beau critiquer les extrémismes religieux par exemple, et considérer que leur popularité n'est possible que dans des pays "en retard de développement", mais alors comment expliquer l'incroyable popularité des extrémistes chrétiens de tous bords aux USA ? Des chiffres montrent que près de 50% des américains croient dur comme fer que le monde a été créé il y a 10.000 ans, exactement comme le décrit la Genèse (et que donc les scientifiques du monde entier se gourrent intégralement depuis toujours). G.W.Bush est partisan, entre autres, d'une révision des cours de sciences qui viserait à faire enseigner le Créationisme officiellement dans les écoles, au même titre que le Darwinisme.

Vous croyez que j'exagère, que je divague ? Si vous n'êtes pas trop anglophobe allez donc jeter un oeil là dessus : http://www.bbc.co.uk/dna/h2g2/A670213. Ou encore plus édifiant : http://www.unitedstatesatheists.com/newFiles/statistics.html.

Bref, (...) je pense qu'évidemment on ne peut pas condamner tous les américains, ca va de soi, mais que dire d'un pays où 68% des gens sont pour qu'on enseigne le Créationisme de façon officielle à l'école ? Et où 45% des gens ne savent pas que la terre met un an pour effectuer une révolution autour du soleil ?

Et alors n'abordons même pas le sujet de la peine de mort et des droits des mineurs, parce que là on en sortirait plus... Bref, rien que du joli pour la "plus grande démocratie du monde"."

A la prochaine

jeudi, octobre 10, 2002

Si tu es arrivé jusqu'ici, tu me connais. Pas de présentation donc.

Written on the Walls (Iced Earth)

One the night the darkness fell
Across the naked land
A demon force was summoned up
From the bowels of hell
The stench of death grew thick that night
We knew it was the end
We run to find a place to hide
The land was raped and bare
The wind it blows a eerie cold
A fog that never lifts
Their tears will flood the land tonight
And the thunder's drowned by screams
As I lay here
Freezing veins of ice
What will be for me
What will be the price
Is it what they say
Is it written on the walls
Why can't we stop
This shattered world's fate
Why didn't we try at all
Armageddon town life is gone
We knew it was the way
Written down so long ago
Implanted in our minds
Our fathers told us of this hell
They read it on the walls
It's written on the walls
It's written on the walls
The frightened children know not why
And no one will explain
We've brought it all upon ourselves
An ending to this world
Forgiveness for your soul you pray
But it's written on the walls

Written on the Walls, donc. La seule chanson dont le compositeur du groupe Iced Earth, Jon Schaffer, a réécrit par la suite les paroles, et qu'il a renommée "Cast in Stone". Written on the Walls parce que comme Schaffer, je suis toujours prêt à recommencer un travail dont je ne suis pas satisfait. Cette chanson "disparue" donc pour illustrer l'apparition furtive de ce blog, cette "bulle" dans mon système de pensée habituel : je ne suis pas quelqu'un qui aime étaler son intimité au plus grand nombre. Je suis franc et je n'hésite pas à me confier à mes ami(e)s intimes, mais j'ai horreur d'étaler ma vie privée.

Ne t'attends donc pas à ce que je te raconte tout cruement (peut-être n'en demandes-tu pas moins...). Une chose que je partage par contre volontiers, c'est ma pensée. Mes pensées plutôt. J'adore débattre, partager un point de vue, triturer dans tous les sens toutes sortes de concepts abstraits. On va se contenter de quelques brèves prises de position pour ce soir. Partons de la chanson...

:: Is it Written on the Walls / Why can't we stop / This shattered world's fate

Je ne crois pas au destin. Je ne pense pas que notre vie soit tracée. J'admets qu'il puisse y avoir des situations où le futur semble tout tracé, mais je pense qu'il n'est jamais impossible de s'en sortir. Seulement difficile.

:: Forgiveness for your soul you pray

Je ne crois pas en Dieu non plus. Pas au Dieu des chrétiens, en tout cas. En réalité ce n'est pas tant l'idée d'un absolu divin que je rejette que toute cette mystification, cette vaste blague, que l'Eglise catholique présente comme la Tradition. Délire collectif disait Freud. Lavage de cerveau disent Iced Earth. On en reparlera.

On se reverra...
J'avais juré...

"Jamais je ne tiendrai de blog"

Premières réflexions philosophiques pour aujourd'hui :

1. Ne jamais dire jamais
2. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis
3. Ne pas trop se prendre la tête avec de grands principes

Bah oui j'avais dit non. Ce soir j'ai envie d'essayer... Si demain je trouve tout ca inutile, je n'aurai aucun regret à laisser tout tomber aussi sec. Mais au moins j'aurai essayé :). See ya.